Jan 07, 2026

Psychologie des investisseurs : comment les biais comportementaux peuvent saboter votre réussite

Bonne année ! J’espère que vous avez passé des fêtes de fin d’année reposantes et enrichissantes. Alors que nous entamons l’année 2026, préparez-vous : les prévisions vont affluer.

À cette période de l’année, les experts financiers adorent inonder les investisseurs de prévisions boursières pour nous dire comment investir.

Vous pouvez sans crainte ignorer la grande majorité de ces informations. Leur plus grand inconvénient est qu’elles exacerbent nos biais comportementaux. Ces biais influencent notre façon d’épargner et d’investir, et nous poussent souvent à commettre des erreurs, telles que transiger trop souvent, la chasse aux rendements et la vente en panique dans un marché baissier.

Le plus grand risque en matière d’investissement, c’est nous

Comme nous le répétons souvent dans notre blogue et notre podcast, le plus grand risque pour nos portefeuilles n’est pas l’économie, les taux d’intérêt ou les prix du marché. La plupart du temps, c’est nous. Vous pouvez avoir le meilleur plan financier au monde, mais si vous laissez vos émotions ou vos biais prendre le dessus, ce plan peut très vite s’effondrer.

Comprendre les biais les plus courants peut vous aider à éviter les mauvaises décisions. Heureusement, la finance comportementale est l’un des domaines les plus étudiés en économie. Elle étudie l’un des aspects les plus fascinants et peut-être les plus frustrants de l’investissement : la psychologie des investisseurs.

Les préjugés peuvent prendre deux formes :

  • Cognitifs : traitement erroné de l’information.
  • Émotionnels : les sentiments l’emportent sur les faits.

Les émotions font bouger les marchés

Des chercheurs tels que Daniel Kahneman et Amos Tversky, lauréats du prix Nobel, ont décrit dans un article publié en 1979 comment les investisseurs sont réfractaires au risque dans les situations de gain, mais enclins au risque dans les situations de perte. Cette recherche est à la base de ce que l’on appelle aujourd’hui le biais d’aversion à la perte.

Richard Thaler, autre lauréat du prix Nobel d’économie en 2017, a développé les concepts de comptabilité mentale et de biais de confiance excessive. Robert Shiller, autre lauréat du prix Nobel, a étudié les comportements grégaires et les bulles spéculatives. Et Meir Statman a mis en évidence la manière dont les émotions et les facteurs sociaux influencent les décisions d’investissement.

Ces recherches contredisent les théories financières traditionnelles, qui partent du principe que les investisseurs se comportent de manière rationnelle. Au contraire, la finance comportementale montre que les émotions, les biais et les raccourcis mentaux conduisent souvent à des décisions d’investissement peu judicieuses.

Biais de récence

L’un des biais les plus courants est le biais de récence. Il s’agit d’une tendance cognitive à accorder plus d’importance aux événements ou aux informations récents. Il conduit les investisseurs à supposer qu’une tendance récente est plus susceptible de se poursuivre à l’avenir.

J’ai souvent observé ce phénomène au cours de ma carrière. Par exemple, les investisseurs sont généralement plus enclins à prendre des risques dans un marché haussier, car ils s’attendent à ce que les bonnes performances se poursuivent. Ils évitent également les risques après une correction ou un marché baissier, car ils s’attendent à ce que les marchés continuent de baisser.

Biais de confiance excessive

Un autre biais que nous observons souvent est la confiance excessive, c’est-à-dire la tendance à surestimer ses propres capacités d’investissement. Un investisseur qui choisit une action gagnante ou qui réussit à anticiper le marché une fois pense qu’il peut le refaire.

La surabondance d’informations en ligne, qui crée une illusion de compréhension, contribue à ce phénomène. Le biais de confiance excessive conduit à de mauvaises performances du portefeuille en raison d’une activité de trading excessive et d’une sous-estimation des risques.

Biais d’aversion à la perte

Le biais d’aversion est tout aussi puissant. Décrit pour la première fois par Daniel Kahneman et Amos Tversky en 1979, il s’agit de la tendance à privilégier l’évitement des pertes plutôt que la réalisation de gains. Lorsque les marchés sont baissiers, les investisseurs ont tendance à rester sur la touche et à éviter d’acheter des actions, ou à vendre carrément leurs positions. Ils passent alors à côté des gains lorsque les actions rebondissent.

Biais de comportement de troupeau

Le biais de comportement de troupeau est également très puissant. Les investisseurs prennent souvent des décisions d’investissement en se basant sur ce que font les autres, sans faire preuve de diligence raisonnable. Ce biais peut inciter les investisseurs à vendre en panique ou à prendre des risques inutiles par crainte de passer à côté d’une opportunité. Ce biais est à l’origine des bulles financières et des paniques.

Warren Buffett donne un bon conseil pour contrer ce biais particulier : « Soyez prudent quand les autres sont avides et avide quand les autres sont prudents. »

Biais de confirmation

Le biais de confirmation est un autre problème majeur. Il s’agit de la tendance à ne rechercher que les preuves qui corroborent nos opinions. Les investisseurs ont tendance à rechercher et à privilégier les informations qui soutiennent leurs décisions d’investissement et à rejeter tout ce qui va à l’encontre de celles-ci.

Les réseaux sociaux exacerbent ce biais, car ils diffusent des contenus similaires à ceux que nous avons déjà recherchés.

Biais d’ancrage

Enfin, il y a le biais d’ancrage. Il s’agit d’un biais cognitif qui conduit un investisseur à s’attacher excessivement à la première information qu’il rencontre lorsqu’il prend une décision. Cela tend à fausser l’appréciation des nouvelles données.

Prenons l’exemple d’une personne qui achète une action à 20 dollars, mais dont le cours baisse. L’investisseur refuse alors de vendre en dessous du prix d’achat, même si les perspectives et les fondamentaux de l’entreprise ont évolué négativement.

Un autre exemple est celui d’un investisseur qui refuse de vendre une action qui a baissé jusqu’à ce qu’elle retrouve son plus haut niveau historique.

Le coaching par un conseiller apporte une valeur ajoutée

Que pouvez-vous faire pour lutter contre vos préjugés ? La prise de conscience est un bon début. Vous pouvez également demander conseil à un conseiller de confiance. C’est là que les conseillers apportent une grande valeur ajoutée à leurs clients. Les conseillers ne sont pas seulement des gestionnaires de portefeuille. Nous sommes aussi des garde-fous et des coachs comportementaux.

L’étude Advisor’s Alpha de Vanguard estime que le coaching comportemental permet d’augmenter les rendements nets annuels de 2 %.

Les marchés seront toujours imprévisibles et les préjugés seront toujours un facteur. Mais grâce à la prise de conscience, à la discipline et au soutien d’un conseiller de confiance, les investisseurs peuvent éviter les pièges qui sabotent le succès à long terme. Maîtriser notre propre comportement est l’avantage ultime en matière d’investissement.

Au nom de l’équipe PWL, je vous souhaite, à vous et à votre famille, une bonne santé, du bonheur et du succès dans tout ce que vous entreprendrez en 2026 !

 


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À propos de l'auteur(e)
James Parkyn
James Parkyn

James est co-fondateur de PWL Capital. Il est chef d’équipe et gestionnaire de portefeuille basé au bureau de Montréal de PWL Capital Inc. Il a joué un rôle déterminant dans la croissance de l’entreprise depuis sa création en 1996.

François Doyon La Rochelle
François Doyon La Rochelle

François s’engage à offrir à ses clients une approche disciplinée et fiscalement efficiente en matière de construction et de gestion de portefeuille, basée sur des stratégies soutenues par la recherche académique.

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