Dans cet épisode, James Parkyn & François Doyon La Rochelle passent en revue les principales statistiques de marchés de 2025 et soulignent les enseignements les plus importants que cette année a apportés aux investisseurs.
François Doyon La Rochelle:
Bienvenue à Sujet Capital, un Balado mensuel à propos de la gestion passive de portefeuille et de la planification financière et fiscale pour les investisseurs à long terme.
Vos hôtes pour ce Balado sont James Parkyn et moi-même François Doyon La Rochelle, tous deux gestionnaires de portefeuilles avec PWL Capital.
Au programme aujourd’hui pour l’épisode #83:
Nous passons en revue les principales statistiques de marchés de 2025 et soulignons les enseignements les plus importants que cette année a apportés aux investisseurs.
Bonne écoute !
François Doyon La Rochelle:
Avant de commencer, étant donné que c’est notre premier podcast de l’année, je tiens à souhaiter à nos auditeurs une bonne et heureuse année 2026, prospère et en bonne santé.
James Parkyn:
Tout à fait, François. On adresse nos meilleurs vœux pour 2026 à tous nos auditeurs et à leurs familles, en leur souhaitant santé et bonheur.
François Doyon La Rochelle:
Comme on le faisons habituellement dans le premier épisode de l’année, on va examiner ce qui s’est passé sur les marchés et dans l’économie en 2025, une année qui, franchement, a défié toutes les attentes à presque tous les égards. Si on avait dit à nos auditeurs au début de l’année qu’on allait assister à des droits de douane généralisés, à un arrêt des activités du gouvernement américain d’une durée record, à une inflation persistante, à des troubles géopolitiques et à un bras de fer constant entre optimisme et crainte, je pense que nos auditeurs auraient prédit une année très difficile pour les marchés boursiers.
James Parkyn:
En effet, François. J’ai publié en décembre un blogue intitulé « Nos meilleurs conseils de 2025 ». Ce blogue résume les leçons que nos auditeurs peuvent tirer de cette année. La première était d’ignorer les experts et leurs prévisions. Le discours à l’approche de 2025 était dominé par la prudence. Les analystes mettaient en garde contre des valorisations élevées, un ralentissement de la croissance économique et la possibilité que le boom de l’IA ait atteint son apogée. Et pourtant, une fois la poussière retombée, les marchés ont enregistré une nouvelle année de très bons rendements, avec une troisième année consécutive de gains à deux chiffres pour les marchés boursiers américains et canadiens. Des résultats que très peu d’investisseurs avaient prévus et qui ont prouvé une fois de plus que de maintien du cap était la bonne décision.
François Doyon La Rochelle:
Tout à fait, James, et ce qui est encore plus surprenant, c’est ce qui s’est passé ici au Canada. Malgré tous les titres alarmistes concernant les droits de douane et l’inquiétude constante quant à leur impact sur notre économie, l’indice TSX a discrètement enregistré l’une des meilleures performances au monde. Ça nous rappelle une fois de plus que les marchés et les grands titres racontent souvent des histoires très différentes.
James Parkyn:
Bien dit, François. Aujourd’hui, comme mentionné précédemment, on va regarder ce qui s’est exactement passé sur les marchés mondiaux et dans l’économie. La plupart des données de performance auxquelles on fera référence se trouvent sur notre page de statistiques de marché, un document disponible sur notre site web de Sujet Capital dans la section « Ressources » ou directement sur la page de notre équipe sur le site web de PWL Capital. On pense que cette page de statistiques de marché est un outil essentiel pour nos auditeurs qui souhaitent examiner et évaluer la performance de leurs propres portefeuilles.
François Doyon La Rochelle:
Avant d’aborder les chiffres de performance de l’année dernière, regardons ce qui s’est passé du côté de l’économie.
James Parkyn:
François, quand on regarde l’année 2025, on peut dire que l’économie a quelque peu stagné, mais sans s’effondrer. L’inflation a continué de baisser au Canada et aux États-Unis, mais à des rythmes différents. Au Canada, l’inflation a continué de baisser tout au long de l’année, mais de manière très inégale. À la fin de l’année, elle s’établissait à 2,2 %, un niveau proche de l’objectif de 2 % fixé par la Banque du Canada. Ça a fait en sorte que la Banque du Canada a eu suffisamment de confiance pour commencer à réduire ses taux plus tôt et de manière plus agressive que la Réserve fédérale américaine. Au cours de l’année, la Banque du Canada a réduit son taux directeur à quatre reprises, le faisant passer de 3,25 % à 2,25 %.
François Doyon La Rochelle:
Exactement. Les États-Unis ont mis un peu plus de temps à y parvenir, l’inflation est restée tenace, la Réserve fédérale a donc adopté une approche plus prudente. Elle a tout de même réduit ses taux à trois reprises, les faisant passer de 4,5 % à 3,75 %, mais elle a clairement indiqué qu’elle ne criait pas victoire, car le taux d’inflation reste supérieur à l’objectif, à 2,7 %. Et bien sûr, tout ça s’est déroulé dans un contexte où le président Trump faisait publiquement pression sur la Fed pour qu’elle réduise ses taux plus rapidement. Le président de la Fed Jerome Powell est toutefois resté camper sur ses positions, insistant sur le fait que les décisions étaient fondées sur des données et non sur des considérations politiques.
James Parkyn:
On va maintenant passer rapidement en revue l’économie européenne. L’inflation dans la zone euro a chuté beaucoup plus fortement et se situe actuellement à l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Ça s’explique par une croissance plus faible. La Banque centrale européenne avait davantage de raisons de baisser ses taux d’intérêt plus rapidement. Elle a réduit ses taux à quatre reprises, les faisant passer de 3,15 % à 2,15 %.
François Doyon La Rochelle:
C’est exact, sur le front du marché du travail, au Canada, le chômage a augmenté au cours de l’année pour terminer à 6,8 %. Aux États-Unis, le marché du travail a aussi ralenti avec un taux de chômage qui a terminé l’année à 4,4 %, ce qui reste quand même un niveau historiquement sain.
James Parkyn:
Pour résumer, François, si l’on regarde la croissance du PIB, l’économie américaine a surpris presque tout le monde avec plusieurs trimestres solides. Le dernier trimestre a affiché un taux de croissance annuel de 4,3 %, ce qui est très satisfaisant. Au Canada, le taux de croissance a été plus modeste, mais on a évité la récession. Le PIB s’est contracté au deuxième trimestre, mais il a de nouveau augmenté au troisième trimestre, à un rythme annuel de 2,6 %.
François Doyon La Rochelle:
En résumé, 2025 n’a été ni une année de boom ni une année de crise. L’inflation a ralentie, les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire, les marchés du travail se sont affaiblis mais ont tenu bon, et la croissance du PIB se poursuit, mais à des rythmes différents.
James Parkyn:
C’est exact, François. Ceci dit, examinons maintenant la performance du marché obligataire.
François Doyon La Rochelle:
Eh bien, James, l’indice des obligations canadiennes à court terme a terminé l’année en hausse de 3,9 %, bénéficiant de la baisse des rendements et des réductions de taux de la Banque du Canada. Quant à l’indice obligataire universel, qui comprend des obligations à plus long terme, le rendement est également positif, bien qu’un peu plus modéré, avec un rendement de 2,6 % pour l’année.
James Parkyn:
C’est vrai, François. Les obligations n’ont pas volé la vedette en 2025, mais elles ont discrètement fait leur travail. Elles ont apporté de la stabilité et généré des revenus.
François Doyon La Rochelle:
En effet, James, et c’est leur rôle principal dans un portefeuille.
James Parkyn:
D’accord, François, voyons voir maintenant ce qui s’est passé sur les marchés boursiers.
François Doyon La Rochelle:
James, sans entrer dans les détails de ce qui s’est passé au cours de l’année, rappelons-nous simplement que 2025 a été une année marquée par le bruit, la peur et l’incertitude. Chaque mois semblait apporter une nouvelle raison de s’inquiéter.
James Parkyn:
Exactement, François. On a connu des fluctuations importantes causés par le sentiment de vouloir prendre du risque et celui de la peur de prise de risque. Les investisseurs se sont demandé si l’IA était une bulle, si les droits de douane allaient faire dérailler l’économie mondiale, si l’inflation allait repartir à la hausse et si les marchés du travail allaient s’effondrer. Mais malgré tout ça, la récession que tout le monde prédisait ne s’est jamais matérialisée.
François Doyon La Rochelle:
Et c’est là le point essentiel, James. Malgré toutes ces fluctuations, les investisseurs qui ont maintenu le cap ont bénéficié d’excellents rendements. Ceux qui ont tenté d’anticiper le marché ou en anglais faire du Market Timing, qui ont vendu pendant la correction d’avril ou qui ont hésité parce que les valorisations semblaient élevées ont raté les phases les plus fortes de la reprise. Ça nous rappelle que les marchés gravissent un mur d’inquiétude ou en anglais Markets climb a wall of worry. Les grands titres font la une, les émotions sont vives, mais la discipline à long terme l’emporte.
James Parkyn:
Eh bien François, comme je l’ai dit dans mon blog « Les meilleurs conseils de 2025 », l’année dernière a été une véritable leçon sur la façon dont les émotions peuvent induire les investisseurs en erreur. Je recommande à nos auditeurs de revenir sur notre dernier podcast n° 82 consacré aux biais comportementaux et à leur impact sur les portefeuilles.
François Doyon La Rochelle:
On va maintenant regarder la performance des actions canadiennes. À la fin de 2024, de nombreux investisseurs voulaient tout miser sur le marché américain. Et on pouvait comprendre pourquoi, car les marchés américains avaient dominé pendant une décennie. Ils avaient surpassé les actions canadiennes de plus de 6 % par an au cours des dix dernières années. De plus, avec la perspective de l’imposition de droits de douane sur l’économie canadienne, des discussions et des craintes ont émergé concernant la fuite des capitaux, les pertes d’emplois et la crise de productivité. Les perspectives pour les actions canadiennes n’étaient pas brillantes. Mais le Canada a surpris tout le monde. Au 31 décembre, l’indice composé S&P TSX avait progressé de 31,7 %. Il a presque triplé le rendement en dollars canadiens de l’indice américain de marché total.
James Parkyn:
Et François, que dire des actions canadiennes à petite capitalisation ? Elles ont enregistré un rendement impressionnant de 50,3 % l’année dernière. Ce n’est pas une erreur. C’est le rendement réel. Et ça renforce ce qu’on disait depuis des années : les rendements arrivent souvent rapidement et de façon imprévisible. Si vous n’étiez pas investi, si vous attendiez le « bon moment », vous l’avez manqué. Et il est extrêmement difficile de se remettre d’une année comme celle-là.
François Doyon La Rochelle:
Exactement James. Et c’est pourquoi la diversification est importante et bien vivante. Non seulement les actions à petite capitalisation ont bien performé, mais les actions de grande et moyenne capitalisation de type valeur ont également affiché une performance de 35,8 %. Vous vous souvenez de la différence de performance entre les actions américaines et canadiennes au cours des dix dernières années que j’ai mentionné plus tôt. Eh bien, elle était de 6 % par an à la fin de 2024, mais grâce à la forte performance des actions canadiennes, l’écart entre les deux n’était plus que de 1,5 % par an à la fin de l’année.
James Parkyn:
C’est un revirement incroyable, François. Le rendement sur 10 ans des actions canadiennes est de 12,7 % et celui des actions américaines de 14,2 %. Et c’est impressionnant quand on sait que le rendement des marchés boursiers américains au cours des 10 dernières années inclut celui des actions du Magnificent 7. Alors François, est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi les actions canadiennes ont si bien performé ?
François Doyon La Rochelle:
Eh bien, James, les trois principaux secteurs de l’indice S&P TSX, à savoir les services financiers, les matériaux de base et l’énergie, ont enregistré de bons résultats l’année dernière et ceci représentent ensemble environ 66 % de l’indice. Mais parmi ces trois secteurs, celui qui s’est démarqué est celui des matériaux de base, avec une performance de 100,6 %. Ce secteur, qui représente près de 19 % de l’indice, a bénéficié de la ruée vers l’or et d’autres métaux par des investisseurs nerveux et à la recherche d’une valeur refuge en raison de l’incertitude qui règne sur l’économie mondiale. L’impact a été encore plus important du côté des petites capitalisations, ce secteur ayant grimpé de 137,6 % au cours de l’année.
James Parkyn:
Eh bien, François, après tant d’années de sous-performance des actions canadiennes par rapport aux actions américaines, ça montre une fois de plus l’importance de la diversification et du respect de son plan d’investissement. La patience est payante. Alors, François, qu’est-ce que tu penses de la performance de l’or en 2025 ? Parlons également de la cryptomonnaie Bitcoin.
François Doyon La Rochelle:
Eh bien, James, l’or a connu une très bonne année en 2025, avec une hausse d’environ 65 % pour atteindre un prix record par once, principalement en raison de l’incertitude géopolitique, de l’affaiblissement du dollar américain et aussi d’autres facteurs. Quant au Bitcoin, il a connu quelques difficultés. Il a perdu 6,3 % en dollars américains sur l’année, clôturant à 87 506 dollars américains après avoir atteint un sommet supérieur à 120 000 dollars américains en juillet. Leur performance, en particulier celle de l’or cette année, ne change en rien notre opinion : ce sont des actifs spéculatifs, pas des investissements. Buffett l’a dit un jour. Je n’ai pas trouvé la citation exacte, mais en général, il a déclaré que l’or et le bitcoin ne génèrent pas de flux de trésorerie. Ils n’innovent pas. Ils ne génèrent pas de revenus. Leur prix dépend entièrement de ce que quelqu’un d’autre est prêt à payer pour.
James Parkyn:
Tout à fait, François. Sur papier, il est facile de croire que l’on peut gagner de l’argent avec l’or et les cryptomonnaies. Mais il n’y a pas de véritable moyen de les évaluer, car ils ne génèrent pas de flux de trésorerie. On pense qu’il s’agit d’investissements spéculatifs qui n’ont pas de sens pour la plupart des portefeuilles à long terme des investisseurs.
François Doyon La Rochelle:
Exactement. Les actifs productifs créent de la richesse. Les actifs spéculatifs font les gros titres.
James Parkyn:
Qu’en est-il des actions américaines, François ?
François Doyon La Rochelle:
Eh bien, James, même si les actions américaines ont pris du retard par rapport aux actions canadiennes et, comme on le verra plus tard avec la revue des actions des marchés internationaux, développés et émergents, elles ont tout de même enregistré une performance très honorable, puisque l’indice total du marché américain a augmenté de 11,9 % en dollars canadiens. En dollars américains, cette performance a été encore plus forte, avec 17,2 %. La différence de rendement s’explique par la dépréciation du dollar américain par rapport au dollar canadien au cours de l’année. Contrairement au Canada, les actions à petite capitalisation et les actions de valeur continuent d’être à la traîne par rapport à leurs homologues, avec des performances respectives de 7,7 % et 10,7 %, également en dollars canadiens.
James Parkyn:
Est-ce que j’ai raison de dire, François, que pour la troisième année consécutive, les actions des secteurs de la technologie et des services de communication ont été les principaux moteurs des rendements sur le marché américain ?
François Doyon La Rochelle:
Tu as parfaitement raison, James. Le boom de l’intelligence artificielle n’a pas ralenti, il a même accéléré. Les entreprises ont investi des milliards dans les infrastructures d’IA, le cloud computing et l’automatisation. Environ 7 points de pourcentage, soit environ 40 % du rendement de 17,9 % de l’indice S&P 500, proviennent des actions technologiques. Et 3,1 points de pourcentage supplémentaires, soit 18 %, proviennent des services de communication. Près de 60 % des gains du marché proviennent donc de deux secteurs seulement. Et lorsque l’on zoome encore davantage, la concentration est encore plus forte. À elles seules, Nvidia et Alphabet, avec leurs solides performances respectives de 38,9 % et 65,2 %, ont contribué chacune à plus de 2 points de pourcentage à la performance de l’indice. À elles deux, elles ont représenté plus du quart des gains totaux du marché.
James Parkyn:
C’est incroyable François. Nvidia est désormais une société dont la capitalisation boursière s’élève à 4,7 billions de dollars, suivie de près par Alphabet/Google, qui atteint environ 3,9 billions de dollars. Certaines de ces actions MAG 7 valent plus que l’ensemble des marchés boursiers de certains pays développés. Par exemple, NVIDIA et Alphabet/Google sont toutes deux plus importantes que le marché boursier britannique.
François Doyon La Rochelle:
Pour être honnête, ce n’est pas juste le MAG 7 qui a bien performé. Il y a eu un élargissement de la participation la participation. C’est-à-dire que tous les secteurs de l’indice S&P 500 et 64 % de ses composants ont enregistré des rendements positifs l’année dernière.
James Parkyn:
Oui, mais en même temps, François, on ne peut pas ignorer le fait que les actions à très forte capitalisation ont continué à générer une part disproportionnée des rendements. Même avec une participation plus large par d’autres secteurs et entreprises, les MAG 7, qui représentent environ un tiers du S&P 500, sont restés le centre de gravité du marché avec une performance moyenne de 21,9 %. Leur capacité à générer des profits, leur taille et leur domination dans le domaine de l’IA leur ont permis de rester aux commandes. Pour être plus précis, François, nous devrions dire que les « MAG 7 » sont devenus les « MAG 2 ». Seuls deux membres, NVIDIA et Alphabet, ont dépassé l’indice de référence S&P 500. Mais Comme tu l’as déjà indiqué précédemment, NVIDIA a progressé de 38,9 % et Alphabet/Google de 65,2 %, le tout en dollars américains.
François Doyon La Rochelle:
Oui, et les investisseurs doivent être conscients de cette concentration. D’une part, l’exposition aux gagnants a contribué à générer une surperformance significative des actions américaines sur le long terme. Mais d’autre part, il n’est pas souhaitable que l’ensemble de votre portefeuille soit lié à une poignée d’entreprises. Il s’agit d’un exercice d’équilibre qui nécessite de la discipline.
James Parkyn:
Tu as raison, François, le marché boursier danois, qui a reculé de 11,7 % en 2025, en est un excellent exemple. Ce marché boursier était massivement surpondéré dans une seule action, celle de NOVO NORDISK, fabricant du médicament amaigrissant Wegovy, qui a fortement chuté. Nous devons rappeler à nos auditeurs que la concentration seule n’est pas un signe imminent de krach boursier. De nombreux pays ont des marchés encore plus concentrés et continuent d’afficher de solides rendements. Historiquement, la relation entre la concentration et les rendements futurs est considérée comme statistiquement négligeable.
François Doyon La Rochelle:
Les valorisations sont toutefois différentes. Des valorisations élevées peuvent signifier des rendements espérés plus faibles. Les MAG 7 ont actuellement un ratio cours/bénéfice (ratio PE) moyen de 68. Ce chiffre est bien supérieur à la moyenne à long terme de 20 pour l’indice S&P 500. Ceci dit, les 493 autres actions de l’indice S&P 500 ont un ratio cours/bénéfice de 28, ce qui est loin de celui des MAG 7.
James Parkyn:
Mais on rappelle à nos auditeurs que les valorisations ne permettent pas de prédire l’avenir. Des valorisations élevées peuvent être suivies de rendements élevés ; le marché boursier américain l’a prouvé à maintes reprises. Les valorisations ne vous aident donc pas à faire du Market Timing.
François Doyon La Rochelle:
James, avant de passer aux actions internationales, on ne peut pas oublier la saga entourant les droits de douane. Lorsque les États-Unis ont annoncé des droits de douane généralisés en avril, les marchés se sont effondrés. Ce fut l’une des pires journées en bourse depuis des années.
James Parkyn:
François, si tu m’avais dit le 3 avril dernier que le marché boursier américain terminerait l’année avec des gains à deux chiffres, je ne t’aurais pas cru. Le marché américain était presque en Bear Market, pour employer le terme en Anglais, avec une baisse de plus de 19 % par rapport à son sommet. Les investisseurs paniquaient. Les grands titres dans les médias financiers étaient épeurant. Ensuite, presque du jour au lendemain, le psychologie de marché a changé.
François Doyon La Rochelle:
Effectivement James, quand le président Trump a suspendu les droits de douane, les marchés ont explosé. Le 9 avril a été la plus forte hausse journalière en 17 ans. Si vous avez vendu vos actions le 3 avril, vous avez manqué l’une des plus fortes hausses de toute l’année, le S&P 500 ayant progressé de 9,3 % ce jour-là seulement.
James Parkyn:
C’est pourquoi François il est si dangereux d’essayer de faire du Market Timing. Les plus fortes hausses surviennent souvent juste après les plus fortes baisses. De plus, personne n’aurait pu prédire que le président Trump suspendrait les droits de douane pendant 90 jours.
François Doyon La Rochelle:
Exactement James. Examinons maintenant les marchés Internationaux, développés et émergents. Étonnamment, les droits de douane américains n’ont pas eu d’incidence négative sur le rendement des actions internationales et Canadiennes. Les actions internationales à grande et moyenne capitalisation ont affiché un rendement de 25,3 % en dollars canadiens l’année dernière et un solide rendement de 20,6 % en devise locale. Les actions à petite capitalisation et les actions de valeur ont également obtenu de bons résultats, avec des rendements respectifs de 25,9 % et 35,8 %. Quant aux pays émergents, les actions à grande et moyenne capitalisation ont encore mieux fait, avec un rendement de 28,3 % en dollars canadiens. Si l’on examine les performances spécifiques de chaque pays, il est intéressant de noter que les pays explicitement visés par les droits de douane américains, comme le Mexique et la Chine, ont enregistré de bons résultats l’année dernière, avec des rendements respectifs de 48,2 % et 25,5 %.
James Parkyn:
C’est un point intéressant que tu soulèves, François, et ça renforce notre opinion selon laquelle les investisseurs doivent rester diversifiés, disciplinés et investis. Cela dit, avant de conclure, parlons de l’incertitude, car elle ne disparaît jamais.
François Doyon La Rochelle:
Tu as raison, James ; l’incertitude était omniprésente en 2025, mais maintenant que nous sommes dans la nouvelle année, rien n’a changé. Regardez la situation au Venezuela et en Iran, les tensions politiques mondiales au Moyen-Orient et en Ukraine, les manifestations aux États-Unis et l’instabilité économique persistante autour des droits de douane imposés par Trump. Ça nous rappelle que les risques géopolitiques font toujours partie du paysage. Et ces événements sont imprévisibles. Ils sont soudains et nous pousse à réagir émotivement.
James Parkyn:
Oui, mais l’incertitude et les marchés financiers ont toujours cohabité ensemble. Il n’y a jamais eu d’année où tout était calme et prévisible.
François Doyon La Rochelle:
Et pourtant, James, les marchés s’adaptent. Ils vont de l’avant. L’incertitude n’est pas un bug, c’est le système et c’est le prix à payer pour obtenir des rendements plus élevés à long terme.
James Parkyn:
Une fois de plus, 2025 nous a rappelé que les marchés n’évoluent pas en ligne droite et qu’ils ne suivent pas les grands titres des médias financiers.
François Doyon La Rochelle:
Exactement, rester investi, rester diversifié et rester discipliné par rapport à ses objectifs à long terme a encore une fois porté fruits. Ça peut sembler répétitif, mais comme l’a dit un jour notre bon ami Jason Zweig du Wall Street Journal, et je cite : « C’est parce que les bons conseils changent rarement, alors que les marchés changent constamment. La tentation de réagir au bruit du moment est presque irrésistible. Et même si les investisseurs ont besoin de conseils judicieux, ce qu’ils préfèrent malheureusement, ce sont des conseils qui semblent bons dans le présent mais ne le serait moins pour long terme. »
James Parkyn:
Bien dit, François, c’est une excellente citation, j’aurai aimé l’écrire moi-même. Donc, pour résumé l’année 2025 en quelques mots : l’incertitude était omniprésente, mais les marchés financiers ont démontré de la résilience partout. Les investisseurs qui ont été patient ont été récompensé par le fait d’ignorer les prévisions.
François Doyon La Rochelle:
Merci James Parkyn d’avoir partagé ton expertise et ton savoir aujourd’hui.
James Parkyn:
Il m’a fait plaisir François.
François Doyon La Rochelle:
Avant de conclure, j’aimerais souhaiter à nos auditeurs un merveilleux temps des fêtes.
Sur ce, c’est tout pour ce 83ième épisode de Sujet Capital! Nous espérons que vous avez aimé.
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