Sep 30, 2026

Episode #92: REEE : subventions, contributions des grands-parents, retraits et que se passe-t-il si votre enfant ne fait pas d’études supérieures ?

Dans cet épisode, James Parkyn & François Doyon La Rochelle abordent le sujet des REEE. Nous parlerons notamment des subventions, du rôle des grands-parents, des retraits et de ce qui se passe si votre enfant ne fréquente pas l’école post-secondaire.

Lisez le script :
  • INTRODUCTION:

François Doyon La Rochelle:

Bienvenue à Sujet Capital, un balado mensuel à propos de la gestion passive de portefeuille et de la planification financière et fiscale pour les investisseurs à long terme.

Vos hôtes pour ce balado sont James Parkyn et moi-même François Doyon La Rochelle, tous deux gestionnaires de portefeuilles avec PWL Capital.

Au programme aujourd’hui pour l’épisode #92:

Nous aborderons le sujet des REEE. Nous parlerons notamment des subventions, du rôle des grands-parents, des retraits et de ce qui se passe si votre enfant ne fréquente pas l’école post-secondaire.

Bonne écoute!

  • REEE : SUBVENTIONS, CONTRIBUTIONS DES GRANDS-PARENTS, RETRAITS ET QUE SE PASSE-T-IL SI VOTRE ENFANT NE FAIT PAS D’ÉTUDES SUPÉRIEURES :

François Doyon La Rochelle:

L’un des plus grands défis financiers auxquels sont confrontés les parents aujourd’hui est la hausse du coût des études supérieures. Les frais de scolarité, le logement, les manuels, le transport et les frais de subsistance peuvent facilement s’élever à plusieurs dizaines de milliers de dollars sur la durée d’un parcours universitaire, d’un diplôme ou d’une formation professionnelle.

Heureusement, au Canada, on dispose d’un programme d’épargne-études généreux : Le régime enregistré d’épargnes-études, ou REEE.

James Parkyn:

Oui, François, et pourtant, bien que le REEE existe depuis des décennies, de nombreux parents au Canada ne comprennent pas pleinement les règles techniques et par conséquent ne maximisent pas les avantages possibles. Les parents de jeunes enfants ont souvent de nombreuses priorités concurrentes pour leur argent durement gagné et privilégient souvent les REER, les CELI ou le remboursement de leurs prêts hypothécaires plutôt que de cotiser à un REEE pour leurs enfants.

François Doyon La Rochelle:

Exactement. Et aujourd’hui, James, on va donc aborder les stratégies de cotisation, les subventions gouvernementales, le rôle que peuvent jouer les grands-parents, la planification des retraits, et enfin ce qui se passe si l’enfant décide de ne pas poursuivre d’études supérieures.

James Parkyn:

Tout à fait, François. Les REEE sont assez complexes. Souvent, lors des rencontres avec les clients, lorsqu’on aborde le sujet des REEE, on pourrait facilement passer une bonne heure rien que pour passer en revue les règles. Ça se comprend, car les parents sont très passionnés par le sujet de l’éducation de leurs enfants. J’ajouterais aussi, François, que la manière d’optimiser la phase de retrait est également mal comprise. Mais malgré toute cette complexité, on pense que les REEE restent l’un des outils d’épargne les plus importants à la disposition des familles canadiennes.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait James. Alors, on va commencer par la base. Qu’est-ce qu’un REEE exactement ?

James Parkyn:

Eh bien, François, un REEE est un compte d’épargne fiscalement avantageux conçu pour aider les familles à épargner en vue des études postsecondaires d’un enfant. Les placements dans le compte fructifient à l’abri de l’impôt, mais en plus, le gouvernement verse des subventions généreuses en fonction des contributions admissibles.

François Doyon La Rochelle:

J’ajouterais à ça, James, qu’il y a trois parties impliquées dans un REEE. Premièrement, il y a le souscripteur, c’est-à-dire la personne qui ouvre le compte et y verse des cotisations. Deuxièmement, il y a le bénéficiaire, le futur étudiant. Et enfin, troisièmement, le promoteur, qui est tout simplement l’établissement financier où le REEE est détenu.

James Parkyn:

François, ce qui surprend souvent, c’est que le souscripteur n’est pas obligatoirement le parent de l’enfant. Un grand-parent peut ouvrir un REEE, tout comme un autre membre de la famille. Ainsi, un oncle ou une tante peut ouvrir un compte pour une nièce ou un neveu. Le bénéficiaire doit simplement être résident canadien et posséder un numéro d’assurance sociale. Nous recommandons généralement d’ouvrir un REEE dès que possible après la naissance de l’enfant afin de tirer le meilleur parti de la magie des intérêts composés, sur les cotisations et aux subventions gouvernementales.

François Doyon La Rochelle:

James, il existe également différents types de régimes REEE. Les régimes individuels ont un seul bénéficiaire, tandis que les régimes familiaux peuvent avoir plusieurs bénéficiaires liés par le sang ou par adoption au souscripteur.

James Parkyn:

Exactement, François, et pour les familles ayant plusieurs enfants, nous privilégions généralement les régimes familiaux car ils offrent une plus grande flexibilité. La vie se déroule rarement exactement comme prévu ; un enfant peut poursuivre des études supérieures tandis qu’un autre pourrait choisir un parcours plus court. Les régimes familiaux offrent donc une plus grande souplesse quant à l’utilisation des économies accumulées.

François Doyon La Rochelle:

Il existe également des REEE collectifs, mais on ne les recommande généralement pas. Ils s’accompagnent souvent de plus de restrictions, de frais plus élevés et d’une flexibilité moindre que les plans individuels ou familiaux.

James Parkyn:

Je suis d’accord, François. Du point de vue de l’investissement, un REEE peut généralement contenir les mêmes types de placements que ceux que l’on trouve dans un REER ou un CELI, tels que : des actions individuelles, des obligations, des FNB, des fonds communs de placement, des CPG et des produits d’épargne à taux d’intérêt élevé. Comme toujours, la composition du portefeuille, c’est-à-dire la répartition entre actions et obligations, doit refléter la tolérance au risque, la capacité de risque et l’horizon temporel. Un enfant de deux ans dispose d’un horizon d’investissement plus long et peut donc potentiellement avoir une allocation d’actifs plus risquée qu’un jeune de dix-sept ans sur le point d’entrer à l’université.

François Doyon La Rochelle:

Bon, James, parlons maintenant de ce qui rend vraiment le REEE attrayant et différent d’un REER ou d’un CELI. Je fais référence aux généreuses subventions gouvernementales.

James Parkyn:

Tout à fait, François. C’est le gouvernement fédéral qui verse la subvention principale. Elle s’appelle officiellement la Subvention canadienne pour l’épargne-études, ou SCEE. Cette subvention fédérale s’élève à 20 % des cotisations versées au REEE par le souscripteur, généralement le parent. Les règles du REEE prévoient donc des plafonds sur le montant des subventions versées. La subvention annuelle maximale est de 500 $, ce qui correspond à une cotisation de 2 500 $. Il existe toutefois une exception : vous pouvez rattraper jusqu’à un an de cotisations si vous n’en avez pas versé les maximums annuels depuis la naissance de l’enfant bénéficiaire. Pensez-y : cela revient à un rendement garanti de 20 % sur vos cotisations.

François Doyon La Rochelle:

Oui, et certaines provinces offrent également des subventions. Ici, au Québec, il y a l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE), qui ajoute 10 % supplémentaires, soit 250 $, sur cette même cotisation de 2 500 $.

James Parkyn:

J’ajouterais François, même si ces subventions ne sont versées qu’une seule fois, une famille québécoise qui cotise 2 500 $ par an pour un enfant verrait 750 $ versés dans le REEE grâce aux subventions gouvernementales. Au total, ça représente 3 250 $ de disponibles pour générer des rendements d’investissement.

François Doyon La Rochelle:

Ça veut essentiellement dire, James, que les subventions représentent un rendement immédiat de 30 % ; c’est très généreux et ça permet de générer des rendements nettement supérieurs à long terme.

James Parkyn:

Tout à fait, François. On devrait maintenant aborder les plafonds de cotisation à vie. Le plafond est de 50 000 $ par bénéficiaire, mais le plafond des subventions à vie est de 7 200 $ au niveau fédéral et de 3 600 $ de la part du gouvernement du Québec. Ce plafond de subventions signifie donc que seules les cotisations allant jusqu’à 36 000 $ génèrent ou donnent droit à des subventions gouvernementales. Ces subventions sont disponibles jusqu’à la fin de l’année civile au cours de laquelle le bénéficiaire atteint l’âge de 17 ans. Cependant, comme le REEE a été conçu pour encourager l’épargne à long terme en vue des études postsecondaires, si vous attendez trop longtemps pour ouvrir un REEE et y cotiser, des règles spécifiques limitent l’admissibilité aux subventions si vous attendez que l’enfant ait 16 ou 17 ans. Les bénéficiaires âgés de 16 et 17 ans ne peuvent recevoir la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) que si certains seuils de cotisations antérieures ont été atteints avant la fin de l’année civile au cours de laquelle ils ont eu 15 ans.

François Doyon La Rochelle:

C’est un bon point, James. Il est également important de noter que si une famille manque une année de cotisations, elle peut rattraper son retard.

James Parkyn:

C’est tout à fait vrai, François. Comme tu l’as mentionné tout à l’heure, la réalité est que de nombreuses jeunes familles doivent jongler entre une hypothèque, les frais de garderie et toutes les autres dépenses liées à l’éducation des enfants. Si elles ne parviennent pas à maximiser leurs cotisations au REEE au cours d’une année donnée, elles ne doivent pas paniquer. Le droit à la subvention non utilisé est reporté et peut être réclamé les années suivantes. La règle veut qu’il y ait une limite à la vitesse à laquelle on peut rattraper son retard au cours d’une même année. La subvention fédérale est plafonnée à 1 000 $ par an et celle du Québec à 500 $. Concrètement, ça signifie que les cotisations au-delà de 5 000 $ par an, ne vous permettent pas d’obtenir de subventions supplémentaires.

François Doyon La Rochelle:

C’est exact, James, mais le message clé ici est de ne pas laisser passer trop d’années, sinon vous ne pourrez plus rattraper votre retard. Plus vous commencez tôt, plus les subventions et vos cotisations s’accumulent sur un grand nombre d’années. Et même si vous ne pouvez pas cotiser la totalité des 2 500 $ chaque année, il vaut généralement mieux verser une petite cotisation que de ne rien faire du tout. Maintenant, James, avant de passer à autre chose, parlons d’une stratégie destinée aux familles qui disposent d’un excédent de capital : on appelle ça le « super-financement ».

James Parkyn:

Oui, François, c’est en fait un concept assez simple. Il s’agit de verser le montant maximal autorisé de 50 000 $ en cotisations totales. Évidemment, cette stratégie ne s’applique qu’aux parents qui en ont les moyens. Mais il y a des règles techniques à respecter pour bénéficier des subventions fédérales et provinciales (québécoises) maximales. Il faut verser chaque année les 2 500 $. Si vous commencez l’année de la naissance de l’enfant, vous atteindrez le plafond des subventions fédérales, soit 7 200 $, à l’âge de 14 ans. ça nécessite un total de 36 000 $ de cotisations. Étant donné que le plafond total des cotisations au REEE est de 50 000 $, ça signifie que les parents peuvent verser 14 000 $ de cotisations supplémentaires qui ne donneront jamais droit à des subventions gouvernementales supplémentaires, quelle que soit la date à laquelle elles sont versées.

François Doyon La Rochelle:

Donc, pour les familles qui disposent de ressources suffisantes, la stratégie de « super-financement » consiste à verser tout ou une partie de ces 14 000 $ dès le plus jeune âge de l’enfant plutôt que d’attendre les années subséquentes. L’avantage ici ne réside pas dans les subventions supplémentaires, mais dans les années supplémentaires pendant lesquelles cet argent produira des intérêts composés à l’abri de l’impôt au sein du portefeuille.

D’après les hypothèses de planification financière de PWL Capital, dont on a parlé dans notre podcast n° 90, un portefeuille composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations affiche un rendement à long terme espéré d’environ 5,73 % par an. Compte tenu de ce rendement espéré, ces 14 000 dollars supplémentaires investis à la naissance de l’enfant pourraient potentiellement atteindre environ 38 000 dollars à l’âge de 18 ans.

James Parkyn:

En d’autres termes François, environ 24 000 dollars de plus-value simplement parce que cet argent a pu fructifier pendant dix-huit ans à l’abri de l’impôt.

François Doyon La Rochelle:

C’est certain que cette stratégie ne convient pas à tout le monde, mais pour les grands-parents qui souhaitent contribuer aux frais de scolarité, pour les familles qui bénéficient d’un héritage ou celles qui disposent d’une épargne excédentaire, je pense que cette stratégie mérite d’être envisagée. Ceci dit, pour la plupart des familles, verser régulièrement 2 500 dollars par an et obtiennent les subventions du gouvernement reste une excellente approche. En se basant sur le même portefeuille 60/40 et le rendement espéré par PWL dans notre exemple précédent, si le souscripteur verse une cotisation annuelle de 2 500 dollars et reçoit les subventions, il pourrait finir par avoir environ 90 000 dollars par enfant lorsque cet enfant atteindra l’âge de 18 ans. James, en parlant de grands-parents, ça nous amène à une autre question qui nous est souvent posée. Les grands-parents peuvent-ils contribuer au financement d’un REEE ?

James Parkyn:

Tout à fait, François. Les grands-parents peuvent soit ouvrir leur propre REEE pour un petit-enfant, soit faire don de fonds à un parent qui possède déjà un REEE. Mais avant que les grands-parents ne se précipitent pour ouvrir des REEE pour tous leurs petits-enfants, il y a quelques points qu’ils doivent savoir. Ils doivent comprendre que les plafonds de cotisation et les plafonds de subventions s’appliquent au bénéficiaire, et non au compte REEE individuel. Ainsi, si les parents et les grands-parents cotisent tous les deux à des comptes distincts pour le même enfant, ça pourrait entraîner des cotisations excédentaires et d’éventuelles pénalités fiscales.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait, James. Les familles peuvent rapidement perdre de vue les plafonds de cotisation et les conditions d’admissibilité aux subventions, ce qui crée des complications inutiles.

James Parkyn:

Pour nos auditeurs, il faut imaginer une famille avec plusieurs petits-enfants pour lesquels plusieurs grands-parents ont ouvert des plans distincts. Au fil du temps, cette situation peut devenir un véritable cauchemar à gérer. De plus, il y a également des considérations en matière de planification successorale. Si les grands-parents sont les souscripteurs, ils restent responsables des comptes et les familles devront tôt ou tard gérer la situation si les grands-parents deviennent inaptes. De plus, ils devront prévoir dans leur testament la désignation de souscripteurs successeurs.

François Doyon La Rochelle:

Exactement, James, et c’est pourquoi nous préférons la solution plus simple qui consiste pour les grands-parents à faire don de fonds au REEE existant des parents. Ça réduit la complexité tout en permettant aux grands-parents de jouer un rôle significatif dans le financement des études de leurs petits-enfants.

Maintenant que nous avons abordé les bases des REEE du point de vue des cotisations, regardons maintenant comment retirer les fonds de la manière la plus avantageuse fiscalement lorsque l’enfant commence ses études supérieures.

James Parkyn:

Eh bien, François, après de nombreuses années de cotisations, de subventions reçues et de revenus générés par les placements, vient le moment où le bénéficiaire entame ses études supérieures. Ça nécessite une planification minutieuse des retraits afin d’optimiser l’impôt.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait, James. La partie la plus simple, c’était de cotiser au REEE ; les retraits sont encore plus compliqués que ce que l’on pourrait croire et, sans surprise, c’est souvent là que l’on commet les plus grosses erreurs.

James Parkyn:

Oui, François, nous avons déjà été confrontés à des situations regrettables avec de nouveaux clients. La plupart des gens se concentrent principalement sur la phase d’accumulation du REEE. On consacre souvent beaucoup moins d’efforts à la manière d’optimiser les retraits lorsque le bénéficiaire entame ses études supérieures. La bonne nouvelle, c’est que les retraits d’un REEE peuvent être très avantageux sur le plan fiscal. La mauvaise nouvelle, c’est que si vous n’avez pas de plan, vous risquez de ne pas profiter pleinement des subventions, de vous exposer à des impôts inutiles ou, tout simplement, de retirer l’argent d’une manière moins avantageuse sur le plan fiscal.

François Doyon La Rochelle:

Commençons donc par la base. Nos auditeurs doivent comprendre que l’argent déposé dans un REEE n’est pas traité de la même manière lors de son retrait.

James Parkyn:

Exactement, François. Je pense qu’ils doivent comprendre que l’argent accumulé dans le REEE pour chaque bénéficiaire se répartit en trois composantes. La première correspond aux cotisations versées au plan par les parents, les grands-parents ou toute autre personne. La deuxième composante comprend les subventions gouvernementales accumulées au fil des ans. Et la troisième composante comprend les revenus de placement générés au sein du compte. Ça inclut les plus-values, les dividendes et les intérêts.

François Doyon La Rochelle:

Il est important de bien comprendre ces trois composantes, car les règles de retrait diffèrent pour chacune d’entre elles.

James Parkyn:

Exactement François. Dans notre équipe, l’une des premières choses qu’on fait lorsqu’un enfant atteint l’âge des études supérieures est de calculer quelle part du REEE doit lui être allouée. Après, il faut déterminer le montant qui revient à chacune des trois composantes. Une fois ces éléments connus, on peut commencer à élaborer une stratégie de retrait fiscalement optimisée et adaptée à la situation de la famille.

François Doyon La Rochelle:

Oui, James, mais avant de pouvoir effectuer un retrait, l’étudiant doit fournir une attestation d’inscription à un programme d’études admissible, qu’il s’agisse d’une université, d’un établissement d’enseignement supérieur ou de tout autre établissement d’enseignement désigné. Une fois cette condition remplie, deux catégories de retraits sont possibles. La première est appelée « retrait pour études postsecondaires » (EPS). Ces retraits proviennent des cotisations initiales versées au REEE. Comme ces cotisations ont été versées à partir de revenus après impôt, elles ne sont pas imposables au moment du retrait. La deuxième catégorie s’appelle le « paiements d’aide aux études » (PAE). Ces versements comprennent les subventions gouvernementales et les revenus de placement accumulés dans le REEE. Contrairement aux retraits EPS, les retraits PAE constituent un revenu imposable. Cependant, ils sont imposables au niveau de l’étudiant plutôt qu’au niveau des parents.

James Parkyn:

Oui, et c’est une opportunité de planification. Souvent les étudiants ont des revenus relativement faibles pendant leurs études. Entre les crédits d’impôt pour frais de scolarité, les crédits d’impôt personnels de base et les modestes revenus d’emploi, beaucoup d’étudiants peuvent ne payer que peu ou pas d’impôt sur les retraits PAE du REEE.

François Doyon La Rochelle:

Exactement, James, c’est pourquoi, dans de nombreuses situations, on conseille de privilégier les retraits au titre de la PAE plutôt que les EPS. On cherche essentiellement à retirer la partie imposable du REEE tant qu’elle peut encore être imposée au faible taux d’imposition de l’étudiant. C’est la manière la plus avantageuse sur le plan fiscal d’accéder aux subventions et aux revenus de placement.

James Parkyn:

Francois, un autre élément que les familles devraient prendre en compte est la durée des études de l’étudiant. Les stratégies de retrait varieront en fonction du type de programme dans lequel l’enfant sera inscrit. La planification pour un programme d’apprentissage sera évidemment différente de celle pour des études supérieures.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait, et avant d’élaborer un plan de retrait, les parents devraient s’asseoir avec leur enfant et discuter de quelques questions importantes. Il faut notamment se demander combien d’années d’études sont prévues, à combien s’élèveront les frais annuels, si l’enfant vivra à la maison, s’il aura un emploi d’été ou s’il effectuera des stages rémunérés. Tous ces facteurs vont influencer le montant à retirer chaque année.

James Parkyn:

Oui, et il existe également des règles concernant le montant pouvant être retiré de la partie PAE au début des études. Au cours des 13 premières semaines d’inscription, les plafonds de retrait du volet PAE sont fixés à 8 000 $ pour les étudiants à temps plein et à 4 000 $ pour les étudiants à temps partiel. Après ce délai initial, les règles deviennent beaucoup plus souples et des retraits plus importants sont généralement possibles. Faites attention que vos retraits annuels du volet PAE restent inférieurs au seuil maximal, qui est de 29 459 $ pour 2026. Sinon, vous pourriez devoir présenter des preuves de reçus et autres justificatifs de dépenses.

François Doyon La Rochelle:

L’un des concepts dont on discute souvent avec nos clients est que les retraits des PAE doivent généralement être considérés comme un actif du type « utilisez-les avant de les perdre ». N’oubliez pas que les cotisations vous appartiennent toujours en tant que souscripteur et que, si elles se trouvent encore dans le REEE des années plus tard, elles peuvent généralement être retirées sans aucune conséquence fiscale.

James Parkyn:

Oui François, mais pour les retraits du PAE, c’est une autre histoire. Si l’étudiant termine ses études ou abandonne ses études et que ces montants n’ont pas été entièrement retirés, les règles deviennent beaucoup plus restrictives. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous recommandons généralement aux familles, dès les premières années d’études supérieures, de privilégier les retraits du PAE.

François Doyon La Rochelle:

C’est exact, James, mais chaque situation est différente. L’approche sensée est assez simple : tirer pleinement parti des subventions, utiliser efficacement les revenus de placement pour réduire les impôts au minimum.

James Parkyn:

François, un autre point qui surprend beaucoup de parents, c’est qu’ils partent souvent du principe que chaque dollar retiré du REEE doit être dépensé directement pour les frais de scolarité ou les manuels scolaires.

François Doyon La Rochelle:

Oui, c’est une idée très répandue, mais les frais d’études vont bien au-delà des frais de scolarité. Les étudiants peuvent avoir des frais de subsistance, des frais de transport, des dépenses liées aux technologies, des frais de logement et bien d’autres besoins. Et dans certaines situations, il peut même rester des fonds excédentaires une fois ces dépenses sont couvertes.

James Parkyn:

Oui François, si les retraits excèdent les dépenses de l’étudiant, il peut toutefois choisir d’en épargner pour cotiser à un CELI ou même pour cotiser à un compte d’épargne CELIAPP en vue de l’achat d’une première maison.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait, James. On l’a constaté dans notre pratique : un REEE bien pourvu peut faire bien plus que simplement payer les études ; il peut contribuer à offrir un solide départ financier dans la vie d’un jeune adulte.

Maintenant, James, on a parlé de la situation idéale où l’enfant poursuit des études supérieures. Mais qu’est ce qui se passe s’il décide que l’université ou l’école supérieure n’est tout simplement pas faite pour lui ?

James Parkyn:

Eh bien François, c’est une question qui préoccupe beaucoup de parents. La bonne nouvelle, cependant, c’est que l’argent qu’ils ont épargné n’est pas automatiquement perdu. Il existe plusieurs options, et la plupart des familles disposent d’une plus grande flexibilité qu’elles ne le pensent.

François Doyon La Rochelle:

Alors James, commençons par le plus simple. Qu’est-ce qui arrive des cotisations initiales ?

James Parkyn:

C’est effectivement la partie la plus simple, François : comme on l’a mentionné plus tôt, les cotisations peuvent toujours être retirées par le souscripteur libre d’impôt. Comme ces cotisations ont été versées à partir de revenus après impôt, c’est logique qu’aucun impôt n’est dû.

François Doyon La Rochelle:

James, qu’est-ce qui en est des subventions et des revenus de placement ?

James Parkyn:

Eh bien, François, c’est là que les choses se compliquent un peu. Si le bénéficiaire ne poursuit finalement pas d’études postsecondaires admissibles, les subventions gouvernementales doivent généralement être retournées. Ce n’est évidemment pas le scénario que les familles espèrent, mais n’oubliez pas que ces subventions étaient spécifiquement destinées à financer les études.

François Doyon La Rochelle:

James, qu’est-ce qui arrive des revenus de placement accumulés au fil des ans ?

James Parkyn:

Eh bien, François, il existe plusieurs options fiscales. C’est là que la planification devient importante. Si le REEE est ouvert depuis suffisamment longtemps et que certaines conditions sont remplies, les revenus de placement peuvent être retirés sous la forme de ce qu’on appelle un « paiement de revenu accumulé » (PRA). Le problème avec les PRA, cependant, c’est qu’ils sont imposables pour le souscripteur et sont généralement soumis à une pénalité fiscale supplémentaire. Ce n’est donc généralement pas l’option la plus intéressante.

François Doyon La Rochelle:

Alors, James, c’est quoi l’alternative ?

James Parkyn:

Eh bien, François, l’une des alternatives les plus intéressantes est le transfert vers un REER. Si le souscripteur dispose d’un plafond de cotisation au REER suffisant, jusqu’à 50 000 $ de revenus accumulés peuvent potentiellement être transférés dans un REER. Ça peut réduire considérablement, voire éliminer, les conséquences fiscales qui s’appliqueraient autrement en cas de retrait des revenus de placement.

François Doyon La Rochelle:

James, les familles doivent également garder à l’esprit qu’elles ne sont pas obligées de prendre ces décisions tout de suite.

James Parkyn:

C’est un point important, François. Un REEE peut rester ouvert pendant de nombreuses années, jusqu’à 35 ans en fait ; vous pouvez donc attendre avant de fermer le compte pour voir si le bénéficiaire reprendra ses études plus tard dans sa vie. Un adolescent peut décider à 18 ans que les études ne sont pas faites pour lui, mais changer d’avis à 22 ou 25 ans. Ainsi, dans de nombreuses situations, la patience peut être une stratégie tout à fait raisonnable.

François Doyon La Rochelle:

Il peut également y avoir des situations où un autre enfant de la famille pourrait bénéficier du REEE.

James Parkyn:

Tout à fait. Dans le cadre d’un plan familial, il peut être possible de réaffecter une partie des actifs à un autre bénéficiaire, sous réserve, là encore, des règles applicables. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous encourageons souvent les familles ayant plusieurs enfants à envisager un REEE familial, car ça offre une flexibilité supplémentaire si un enfant utilise moins de fonds que prévu.

François Doyon La Rochelle:

Donc, James, ce qu’il faut retenir ici, c’est que si un enfant ne poursuit pas d’études supérieures, ce n’est pas nécessairement une catastrophe.

James Parkyn:

Exactement. Les règles deviennent plus complexes, et les conseils d’un professionnel peuvent s’avérer très précieux, mais il existe généralement plusieurs voies possibles. Le message clé est de ne pas paniquer et de ne pas prendre de décisions précipitées. Comprendre les options disponibles peut permettre à une famille de réaliser d’importantes économies d’impôt et de préserver autant de valeur que possible.

François Doyon La Rochelle:

Et je pense que ça nous rappelle ce que sont réellement les REEE. Oui, ce sont des instruments d’épargne puissants et fiscalement avantageux, mais ce sont aussi des outils de planification à long terme. S’ils sont gérés de manière réfléchie pendant les années de cotisation et celles de retrait, les familles peuvent en tirer plus de bénéfices au final.

James Parkyn:

Tout à fait, François, l’objectif n’est pas seulement de faire des économies, mais aussi d’offrir à la prochaine génération un support financière solide et par conséquent un meilleur départ dans la vie.

François Doyon La Rochelle:

Tout à fait d’accord, James. Je pense qu’on va en rester là.

  • CONCLUSION

François Doyon La Rochelle:

Merci James Parkyn d’avoir partagé ton expertise et ton savoir aujourd’hui.

James Parkyn:

Il m’a fait plaisir Francois

François Doyon La Rochelle:

Hé bien c’est tout pour ce 92ième épisode de Sujet Capital!  Nous espérons que vous avez aimé.

N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et suggestions. Vous pouvez nous joindre par courriel à: sujetcapital@pwlcapital.com

Également, si vous souhaitez notre expertise dans la gestion de vos actifs, vous pouvez nous joindre en cliquant sur le bouton contactez-nous qui se trouve sur la page d’accueil de sujet capital et sur toutes nos publications.

De plus, si vous aimez notre podcast, partagez-le avec votre famille et vos amis et si vous n’y êtes pas abonné, faites-le SVP.

Encore une fois, merci d’être à l’écoute et joignez-vous à nous pour notre prochain épisode à paraitre le 28 octobre. N’oubliez pas de consulter le site Web de sujet capital pour voir nos derniers blogues.

A bientôt.

À propos de l'auteur(e)
James Parkyn
James Parkyn

James est co-fondateur de PWL Capital. Il est chef d’équipe et gestionnaire de portefeuille basé au bureau de Montréal de PWL Capital Inc. Il a joué un rôle déterminant dans la croissance de l’entreprise depuis sa création en 1996.

François Doyon La Rochelle
François Doyon La Rochelle

François s’engage à offrir à ses clients une approche disciplinée et fiscalement efficiente en matière de construction et de gestion de portefeuille, basée sur des stratégies soutenues par la recherche académique.

Contactez-Nous

Contact US Flyout Form